Salut les investisseurs malins ! J’espère que tu vas bien.
On revient comme tous les dimanches avec une analyse d’une startup en cours de levée de fonds sur un site de Crowdequity. Alors aujourd’hui on va analyser Amahlé qui est en levée de fonds sur Raizers. J’en profite pour te dire que j’ai eu un tout petit peu de mal à trouver une startup dont je n’avais pas déjà parlé sur les sites français de Crowdequity, donc si tu en as que tu veux me proposer, sur lesquelles tu veux me demander mon avis, sur lesquelles tu voudrais que je fasse une vidéo, eh bien n’hésite pas à me demander en commentaire de cette vidéo par exemple. Alors je te précise que je n’analyse pas les dossiers médicaux, il y a pas mal de dossiers médicaux en ce moment, parce que je n’investis pas dans le médical pour deux raisons : premièrement je ne m’y connais pas assez bien et deuxièmement surtout, je pourrais essayer d’apprendre à m’y connaître, mais surtout c’est des timings extrêmement extrêmement longs pour arriver sur le marché et donc je n’investis pas sur le médical. Si tu as d’autres dossiers de startup en equity, il y a aussi beaucoup de startups j’en ai trouvé beaucoup qui font du prêt, ce n’est pas la même chose, des startups en levée de fonds, et que tu veux que je ce soit le thème de ma vidéo de dimanche prochain et que je ne l’ai pas déjà faite, n’hésite pas à me le dire en commentaire et je ferai ça. Fin de la parenthèse.
Donc avant de commencer, bien sûr si c’est ta première fois ici, si ce n’est pas encore fait, je t’invite à cliquer sur le bouton « S’abonner » en dessous de cette vidéo. Si tu es déjà abonné, eh bien je t’invite à cliquer sur la petite cloche pour recevoir une notification dès que je publie une vidéo pour être sûr de n’en rater aucune, et rejoindre plusieurs milliers d’investisseurs malins.
C’est parti !
Donc je suis sur le site Raizers.com et sur la page de la boîte qui donc s’appelle visiblement Amahlé, je pense que ça se prononce comme ça, a priori. « Amahlé est une marque de bijoux et d’accessoires de mode responsable d’inspiration africaine ». Donc c’est tout simplement une marque de bijoux et je vais analyser cette startup avec mes 7 critères d’investissement gagnant qui me servent systématiquement à analyser les startups, à savoir : l’équipe, le unfair advantage, le marché, la scalabilité/les effets d’échelle, la monétisation, la marge et la valorisation.
Alors d’entrée de jeu, je suis désolé évidemment pour Amahlé mais je vais mettre un point négatif sur la scalabilité/les effets d’échelle parce que évidemment c’est un produit physique et donc comme toujours dans les produits physiques, eh bien on n’a pas de scalabilité, on n’a pas d’effets d’échelle, à part sur la marque, puisque s’ils veulent vendre dix fois plus de bijoux, eh bien il faut créer dix fois plus de bijoux, payer dix fois plus de matières premières, dix fois plus de salariés ou en l’occurrence d’artisans. Et je crois que c’est des artisans en Afrique du Sud si j’ai bien compris mais il faut payer dix fois plus d’artisans en Afrique du Sud pour faire les bijoux. Donc il y a une petite vidéo de présentation de quelques minutes, là, qui nous présente un petit peu le le projet, que tu peux bien sûr aller voir sur le site Raizers. Donc ils cherchent à lever 350 000 euros et j’ai l’impression sur une valo de 700 000 puisque ça représenterait 50% du capital, mais je ne suis pas tout à fait sûr, on va aller voir ça après.
On va commencer par quoi dont ? Le marché, allez, très simple, le marché du bijou sur internet. Bon, il n’y a pas trop d’histoires, on va dire que ça va, je pense que les bijoux il s’en vend depuis la nuit des temps, il s’en vendra encore. Je pense par ailleurs qu’il s’en vend, je dis je pense parce que je ne l’ai pas étudié, il faudrait regarder mais je ne sais pas s’ils en parlent ici, mais je pense qu’il se vend de plus en plus de bijoux sur internet par rapport au retail puisqu’internet grappille des parts de marché lentement mais sûrement dans quasiment tous les secteurs. Et donc je pense qu’effectivement c’est en très très légère augmentation, en tout cas il n’y a pas du tout de diminution du marché à mon avis du bijou en ligne. Donc je leur donne un point positif. « Poids global du marché : (…) les exportations de produits de bijouterie (…) 385 millions en 2017 (…) une augmentation de 7% », voilà, donc tout ça fait qu’effectivement le marché, ils sont placés dans un très bon marché.
Allons voir l’équipe puisque c’est le deuxième onglet. Donc on a deux fondatrices qu’on voit dans la vidéo qui sont Carole et Chloé, on va tout de suite aller voir un petit peu leur expérience, notamment est-ce qu’elles ont déjà des expériences entrepreneuriales. Tu sais que c’est un point moi que je trouve important. Donc ici nous avons Carole, qu’est-ce qu’elle fait Carole dans la vie ? Depuis trois ans elle est cofondatrice de Amahlé et avant elle était consultante chez Kea & Partners, elle a travaillé chez Unilever qui est un beau nom quand même bien sûr, elle a travaillé pour le Louvre, c’est sympa de voir quand même des noms. BetClic aussi, là il n’y a pas le logo mais c’est quand même une boîte effectivement connue et qui a fait ses preuves à Londres. Le Club Med, voilà, donc c’est, et elle sort de l’ESSEC qui est précisé dans la vidéo. Donc Carole c’est sa première boîte mais un parcours quand même assez chouette dans sa vie salariée au préalable. Donc avec le Club Med, le Louvre, Unilever, donc vraiment des très très beaux noms. Alors je vois que c’est peut-être plus ou moins des stages, je vois six mois, six mois, quatre mois. Donc Club Med c’est bien, quatre mois c’est moins bien. Six mois au Louvre, six mois chez Unilever, donc si elle n’a fait que des stages ça va, mais si elle s’est fait à chaque fois virer au bout de six mois, non, je ne pense pas que ce soit le cas. En plus souvent les fondateurs regardent les vidéos donc je m’excuse Carole, je ne suis pas en train de dire que tu t’es fait virer. Et chez Kea, là elle est restée plus de trois ans, trois ans et demi donc là c’est ok. Donc c’est sa première boîte.
Deuxième associée, Chloé, et je crois qu’elle a fait HEC, voilà je vais directement voir la formation. Elle sort d’HEC, elle a travaillé ensuite chez Bouygues Construction, puis consultante chez BearingPoint, puis consultante pendant quatre ans chez Kea & Partners, et c’est là où elle a rencontré son associée, elle en parle dans la vidéo. Et donc c’est sa première boîte depuis 3 ans et 2 mois, Amahlé. Donc deux cofondatrices, une HEC une ESSEC donc pas de profils typiquement complémentaires même si elles sont peut-être effectivement dans les faits complémentaires mais il n’y a pas un ou une développeur/développeuse et un commercial. Elles ont toutes les deux un profil école de commerce, après il y en a peut-être une orientée plus marketing et une plus financier, par exemple. En tout cas, première boîte, donc l’équipe je mets moyen, disons, puisqu’il n’y a pas de complémentarité et il n’y a pas d’expérience. Mais ce n’est pas non plus une mauvaise équipe. Encore une fois, je le répète, ce n’est pas une mauvaise chose de faire sa première boîte, il y a plein de gens qui réussissent dès leur première boîte, c’est tout à fait possible. Simplement, ce n’est pas non plus un point positif donc je suis un petit peu mitigé.
Le unfair advantage on va essayer d’y revenir après.
La monétisation. Alors là, il n’y a aucun problème. Ils savent comment monétiser, ils vendent leurs bijoux, bon, jusque-là tout va bien.
Allons voir la marge. Qu’en est-il de la marge ? « La marge brute (…) 62% du chiffre », ouais, c’est pas mal, c’est pas mal. Tout ce qui est au-dessus de 50%, je considère que c’est bien. Et donc y compris sur du produit physique, il y a beaucoup de gens qui font des marges, tous les gens qui se positionnent un peu en redistributeurs, qui peuvent faire des marges de 5-10%, donc là sur du produit physique faire 62% de marge brute c’est assez chouette. Hipanema c’est 54% visiblement, Hipanema qui est de un leurs concurrents, qui est un bijou, qui ressemble à ça, tu l’as peut-être déjà vu, Hipanema. Et donc voilà, c’est sympa 60%, mais voilà. Ça ressemble d’ailleurs, on va taper, que je ne fasse pas d’erreur sur le nom, Amahlé. Tu vois là on a eu Hipanema et là on a Amahlé, on va voir si on peut comparer les images. C’est relativement, enfin voilà, bon après je ne m’y connais pas assez en bijoux, je pense qu’il y a des gens qui sont en train dire : « Mais non, c’est complètement différent, tu es complètement fou », il y a quand même un peu des ressemblances, tu vois entre ça et ça quoi. Bon, ouais, pas non plus flagrant. Là ça a l’air d’être des espèces de petites perles qu’on ne retrouve pas ici sur Hipanema, c’est pas des perles mais c’est des espèces d’assemblages très colorés. Alors Hipanema si je ne m’abuse c’est d’inspiration peut-être brésilienne, puisque Ipanema c’est la plage de Rio de Janeiro, ça ne s’écrit pas comme ça. Et là c’est inspiration Sud-africaine. On va en profiter pour aller faire un petit tour sur leur site pour jeter un petit coup d’œil. En tout cas la marge, ça, c’est nickel.
Le site a l’air très beau. Est-ce qu’ils ont une belle communauté ? Ça va faire plaisir, oh je me prends un mail direct, ça va faire plaisir à mon ami Michel Nizon qui parle souvent de désirabilité, est-ce qu’il y a des clients qui désirent cette marque ? Je crois que oui puisqu’ils font du chiffre d’affaires, ils ont 6000 abonnés sur Instagram, ce qui n’est pas mal. Sur Facebook, 10 000 like, ouais, quand même, pas dégueu du tout. Et sur Pinterest 2600 visiteurs uniques mensuels, bon, très bien. Ok.
Alors, qu’est-ce qu’il nous reste à voir ? Il nous reste la valorisation et le unfair advantage.
Alors allons voir la valorisation de cette boîte. Est-ce que c’est effectivement seulement 700k ? Ça me paraît assez peu. Est-ce que ce « Document d’information réglementaire » va nous aider ? On va chercher valorisation : « La valorisation de la société est estimée à 355 000 €, ce qui correspond à 2,5x le CA », valorisation de 300 000 sur une levée de 300 000, oui c’est la valorisation pré-monnaie je pense. C’est pas hyper hyper clair dit comme ça, mais je pense que c’est ça. Donc si c’est le cas, c’est effectivement pas cher du tout. Alors qu’est-ce que dit le Pitchdeck ? Puisque oui, capital 50%, levée de 350, et donc s’ils donnent 50% du capital pour 350 000 euros, ça veut dire que le capital total post-levée il sera de 700k euros, mais donc ce qui veut bien dire que la valo pré-monnaie elle est de 350k puisque la valo pré-monnaie c’est avant l’investissement. Donc 350k + 350k levés qui représentent 50% = 700k de valo post-monnaie. Moi je préfère parler en valo pré-monnaie donc effectivement ce serait une valo pré-monnaies 350k. Alors là, je dois avouer, chapeau parce que je n’ai jamais vu une valo aussi basse. Mais c’est chouette, ça fait plaisir, parce que tous les projets surtout sur les plateformes entre guillemets ils pètent plus haut que leur cul, et ils se mettent des valos de malade, on n’a quasiment rien en dessous d’un million, déjà un million on se dit en général c’est pas cher. Là c’est une valo à 350k. Alors une valo à 350k pour une boîte qui n’a jamais rien fait ça peut être cher, mais c’est une boîte qui fait 150 000 euros de chiffre d’affaires donc c’est juste génial quoi. Et donc 141 x 2.5 = 338k. Ouais, c’est ça, 350k, ils ont dit que ça correspondait à deux fois et demi de chiffre d’affaires. Donc félicitations, alors là vraiment bravo bravo bravo, je vais mettre quatre points, voilà, valo c’est extra, c’est vraiment pas cher d’investir là-dedans donc c’est top.
Pour terminer, le unfair advantage, j’essaye toujours de répondre à la question : si toi et moi demain, si toi qui me regardes et moi demain on veut monter la même boîte, on se dit on va concurrencer Amahlé, on veut créer notre marque de bijoux en provenance d’Afrique du Sud, est-ce qu’on va plus ou moins bien y arriver ? Qu’est-ce qui fait que ces deux cofondatrices ont un avantage sur nous qu’on a du mal à reconstruire ? Alors elles ont un premier avantage c’est qu’elles ont déjà fait 140 000 euros de chiffre d’affaires, ce qui est intéressant. Elles ont déjà des revendeurs, donc pareil, il y a de l’unfair advantage, c’est-à-dire que si toi et moi demain on veut faire la même chose, eh bien il faut qu’on aille chercher nous les revendeurs. Alors que elles, elles ont déjà dès aujourd’hui, demain matin, dès lundi matin, eh bien elles, les revendeurs sont déjà occupés à vendre leurs bijoux et à leur faire faire du chiffre d’affaires sans qu’elles elles ne fassent rien, ce qui est évidemment très chouette. Donc ça c’est effectivement un vrai unfair advantage. Le chiffre d’affaires existant est un unfair advantage parce que donc sur les 141k, elles font 62% de marge, donc elles font grosso modo 80k, ouais 80 000 euros, si c’est ça, à peu près 85 000 euros de marge brute, donc c’est de l’argent qu’elles peuvent réinvestir dans leur développement. Elles ont un beau site, elles ont une communauté, ça c’est un unfair advantage, tu vois elles partent avec 10 000 fans. Aujourd’hui elles postent un truc sur leur Facebook : « Voilà notre nouveau bijou », boum, il y a 10 000 personnes qui peuvent le voir. Alors en fait c’est moins puisque Facebook ils montrent à 4 ou 6 %, mais n’empêche que si toi et moi demain on veut faire la même chose, on part avec zéro fan. Donc il y a un petit peu de unfair advantage. Il y a des partenariats avec les producteurs en Afrique du Sud, c’est des trucs compliqués à mettre en place, il faut se déplacer, elles y ont été, elles le disent dans la vidéo, pour avoir ces accords-là, pour que ce soit produit sur place. Donc je vais leur mettre une bonne note, enfin un point positif sur le unfair advantage. Elles ont effectivement un avantage injuste qui font que c’est plus difficile pour toi et moi de reproduire, en tout cas on ne part pas du même point, elles ont vraiment pris de l’avance et c’est ce que je cherche avec le unfair advantage.
Donc voilà pour mon analyse de cette startup. Evidemment, le seul point c’est qu’il n’y a pas de scalabilité, le seul point vraiment négatif c’est qu’il n’y a pas de scalabilité, pas d’effets d’échelle puisque c’est un produit physique et c’est pour ça que moi j’investis rarement dans les produits physiques. Mais encore une fois, sur le reste de l’analyse, c’est plutôt bon. L’équipe, n’oublie pas, ce truc rouge c’est simplement parce qu’il n’y a pas de véritable complémentarité. Encore une fois il faudrait voir dans les faits, il y a sûrement une complémentarité, je pense qu’elles se sont réparties le boulot, et que c’est leur première boîte. Mais ça reste quand même une équipe qui a l’air tout à fait solide et compétente évidemment. Et à part cette histoire d’ effets d’échelle, il y a donc quasiment que des points positifs et donc un projet évidemment intéressant.
Comme d’habitude, si tu veux savoir si j’investis ou non dans cette startup, eh bien mes décisions d’investissement je les partage systématiquement avec les membres de mon club privé, tu peux rejoindre mon club privé si ça t’intéresse. Et non seulement je te donne mes décisions d’investissement, je te donne mes conseils d’investissement. Quand j’investis mon propre argent, eh bien je te dis : « Viens, on investit ensemble dans cette startup », donc tu peux faire les mêmes investissements que moi. Si tu veux rejoindre le club privé, rien de plus simple, le lien est dans la description. Si tu veux apprendre à te former sur l’investissement en startup, si tu veux apprendre beaucoup plus en détail mes critères, eh bien j’ai fait une formation qui dure plus de douze heures de formation sur l’investissement en startup qui s’appelle « Je réussis mon premier investissement en startup », le lien est également dans la description. Je te dis donc à dimanche prochain pour une prochaine startup. Si tu es arrivé jusqu’ici, j’espère que la vidéo t’a plu. Si c’est le cas, bien sûr mets-moi un « like », mets-moi un petit commentaire pour me dire ce que tu penses de ce projet. Et tu peux regarder une vidéo suivante de moi juste au-dessus de ma tête.
Et je te dis à très vite pour une prochaine vidéo.
Ciao !